VRAIE OU FAUSSE SIGNATURE D’UN VASE GALLÉ ? (2019)

Signature-vase-Galle

Vous avez entre les mains un vase Gallé ? Vous souhaitez authentifier ce vase ? Découvrons ensemble les signatures Gallé, et décelons le vrai du faux ! L’analyse de la signature Gallé va vous permette de déterminer la date de fabrication, vous donnant alors un indice de la valeur. Ces superbes vase Art nouveau s’arrachent à prix d’or par les collectionneurs. Chaque période de la vie d’Emile Gallé est analysée, étape par étape.

Pour aller plus loin dans l’analyse, découvrez les différentes marques de cristal.

AUTHENTIFIER MON VASE GALLÉ ?

Ce n’est pas si simple.

Près d’un millier de dessins, aquarelles et modèles, accompagnés de lettres et de descriptions manuscrites d’Emile Gallé, ont été déposés au conseil des prud’homme de Nancy du 17 juin 1880 au 1er juillet 1902.

La calligraphie des marques ou des signatures présente d’infinies variations en raison de la multiplicité des sources d’inspiration et de l’imagination sans limites d’Émile Gallé.

L’évolution des signatures suit l’évolution de l’oeuvre Gallé.

Voici les 2 étapes essentielles pour authentifier une oeuvre Gallé :

1 – L’examen des signatures et des marques permet donc de dater les vases d’Emile Gallé avec une certaine précision, indispensable afin d’évaluer la valeur de votre vase Gallé.

2 – Cet examen doit également être accompagné d’une analyse et étude attentive des techniques utilisées et de la nature du décor.

Ci-dessous, le vase Les hommes noirs présenté à l’Exposition universelle de 1900.

signature-vase-emile-galle

Étonnant : Emile Gallé ne signait jamais lui-même ses oeuvres, cette tâche était destinée au personnel de l’entreprise Gallé : décorateurs et graveurs.

Attention, il faut différencier le terme signature de marque.

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MARQUES OU SIGNATURES GALLÉ ?

Voici la différence :

Le terme de signature peut être employé pour les oeuvres exécutées du vivant d’Emile Gallé, qu’elles soient de série ou non, par contre, seul le terme de marque doit être employé pour la production posthume.

SIGNATURE GALLÉ AVANT 1870

Cette période commence dès l’entrée d’Emile Gallé dans l’entreprise de son père en 1867, et termine avec l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Empire allemand.

Ce malheureux événement a grandement participé au renouvellement des arts décoratifs du XIXe et XXe siècle, offrant un afflux de main d’oeuvre, d’idées, de capitaux, dont la cristallerie Daum est le parfait exemple. 

histoire-ville-nancy

Emile Gallé sera ainsi à la tête de la création artistique. Les premières signatures concernent les oeuvres réalisées entre 1855 et 1870.

La signature réalisée est Gallé à Nancy, en caractères manuscrits, peintes à l’émail blanc ou brun et apposées sous le pied des vases.

Des vases produit à Meisenthal, mais conçu à Nancy :

Cette signature Gallé est celle de Charles Gallé, responsable de la Maison Gallé-Reinemer. À cette époque, les vases n’étaient pas réalisés à Nancy. Non.

Le lieu de conception de l’oeuvre, Nancy, l’emporte sur le lieu de réalisation, Meisenthal.

Plus tard, Émile Gallé adoptera la même attitude.

signature-galle-nancy

SIGNATURE GALLÉ DE 1871 À 1876

Les signatures de cette période sont proches de la précédente. On rencontre alors la signature en caractères manuscrits, Gallé à Nancy ou Gallé Nancy.

Cette signature est le plus souvent apposée sous la pièce, avec une exception, celle du vase Deux pigeons s’aimoient d’amour tendre, qui porte une signature sur le corps de la pièce. 

Cette signature est toujours celle de Charles Gallé, seul responsable de l’entreprise. Son fils, Émile Gallé n’ayant toujours pas atteint la notoriété. 

On estime que la mention Déposé ne peut jamais être associé à la signature Gallé sur une oeuvre de verre exécutée du temps de la direction de Charles Gallé-Reinemer.

Autrement dit, si votre vase présente la signature déposée, il est produit après 1876.

SIGNATURE-GALLE-A-NANCY

SIGNATURE GALLÉ DE 1877 À 1884

Si votre signature présente le prénom Emile ou la lettre E, c’est que votre vase Gallé a été réalisé après 1877. Vous pouvez aussi y apercevoir la croix de Lorraine entre le E et le G.

Cette signature Emile Galle, E Galle, est en caractère romain manuscrit ou d’imprimerie.

L’usage du prénom d’Emile a pour but de distinguer l’oeuvre de son père, qui avait une réelle notoriété, de la sienne.

En 1878, Emile Gallé devient le responsable à part entière de l’entreprise créée par son père.

La signature est le plus souvent apposée à l’encre sous les pièces

À partir de 1878, Emile Gallé dépose au conseil des prud’hommes de Nancy certains de ses modèles de décor pour verre ou pour faïences. La mention déposé ou modèle déposé ou décor déposé est souvent associée à la signature.

Exceptionnellement, la signature de la pièce peut être accompagnée d’un dessin rappelant le décor du vase ou sa signification. La signature du bassin Opus Salomonis, accompagnée de feuilles et de gouttes d’eau, est le premier exemple, connu de cette nouvelle pratique. Par la suite, l’association de la signature à un dessin sera plus fréquente. 

Kremer jouera un rôle important dans la préparation des modèles de signature de Gallé.

SIGNATURE GALLÉ DE 1885 À 1889

Ces signatures sont quasiment identiques à la période précédente.

En 1889, pour l’Exposition universelle, qui est aussi le centenaire de la révolution, Emile Gallé perfectionne sa signature

Les pièces présentées durant l’Exposition sont très sophistiquées, accompagnées de motifs le plus souvent gravés en creux à la roue. Cette signature peut également être accompagnée d’une citation, comme ci-dessous : 

J'ai fait fleurir des semailles brûlantes, L'aman des frissonnantes libellules ou Par dessus la colline, Par dessus la vallée, Shakespeare.

Signature-Galle-1885-1889

SIGNATURE GALLÉ DE 1890 À 1894

Pour cette période, les créations, et donc les signatures sont plus facile à distinguer.

Les signatures sont presque toujours apposées sous la pièce et souvent accompagnées de dessins gravés en creux à la roue au simple ou au double trait. La signature de cette époque est en caractère manuscrit.

Notez qu’il apparaît une mention de série à partir de 1892 :

  • La série A correspond à des pièces taillées ou gravées à la meule ou à la roue.
  • La série B comprend des pièces gravées à l’acide.
  • La série C correspond aux pièces émaillées.

Certaines pièces portent les mentions :

Cristallerie d’Emile Gallé.
Cristallerie d’Emile Gallé modèles et décors déposés.
Cristallerie d’Emile Gallé à Nancy.
Cristallerie d’É Gallé.
Cristallerie d’É Gallé modèles et décors déposés.
Cristallerie d’Emile Gallé à Nancy, modèles et décors déposés.
Emile Gallé et sa Cristallerie à Nancy.
Emile Gallé en sa Cristallerie à Nancy modèles et décors déposés.
E Gallé en sa Cristallerie de Nancy.
Emile Gallé en sa Cristallerie à Nancy.
Emile Gallé en sa Cristallerie Nancy.
Emile Gallé en sa Cristallerie Nancy modèles et décors déposés.

L’élément cristallerie fut apposé dès 1894 lors de la production à Meisenthal.

Pour Émile Gallé, sa cristallerie est à Nancy, même si le travail à chaud est réalisé à Meisenthal, le travail à froid, lui, à Nancy.

Après le transfert du travail à chaud du verre à Nancy, Emile Gallé continuera pendant deux ou trois ans à mentionner sa cristallerie avec sa signature. La mention est modifié et devient Cristallerie de Gallé Nancy.

La période 1890-1894 se voit toujours apposé l’initiale ou le prénom d’Emile Gallé dans sa signature.

=> Gardez en tête que durant les premières signatures à 1894, Gallé désirait rester discret et apposé sa signature sous les pièces (à quelques exceptions près). 

Les signatures de cette période étaient standardisé, ce qui ne sera plus le cas par la suite.

SIGNATURE GALLÉ DE 1894 À 1904

Pour cette période, vous devez différencier les signatures suivant le procédé de fabrication de l’oeuvre en question. Est-ce une gravure à l’acide ? Une gravure à la roue ? 

SIGNATURE DES OEUVRES À DÉCOR GRAVÉ À LA ROUE OU EN MARQUETERIE DE VERRE

L’ouverture de sa propre cristallerie à Nancy en 1894 marque un tournant dans la signature de l’artiste.

Une première !

En 1894, la notoriété d’Emile Gallé n’est plus à faire, la signature bien visible sur la pièce permet alors, aux yeux du propriétaire, le bénéfice d’une valeur accrue.

La signature, pour les vases de qualité, apparaît sur le corps de l’oeuvre. Il signe donc le plus souvent Gallé, sans initiale ni prénom.

Vous l’avez compris, l‘oeuvre de Gallé s’émancipe de celle de son père.

La signature est généralement gravé à la roue, soit en camée, soit en creux. 

=> Chaque oeuvre possède sa propre signature, il n’y en a pas deux semblables. Et la calligraphie est très variable, avec un G particulièrement travaillé.

Les oeuvres qui ont été présentées à l’Exposition universelle de 1900, portent en général, en plus de la signature Gallé ou Emile Gallé, la mention de cet incroyable événement qu’est l’Exposition universelle.

La signature est complétée par 1900. Expo. 1900, Expos.1900, Exposit.1900, Exposition 1900.

SIGNATURE DES PIÈCES DE SÉRIE GRAVÉES À L'ACIDE OU GRAVÉES À L'ACIDE ET ÉMAILLÉES.

Les pièces de série présente une particularité, le prénom d’Emile disparaît.

L’encre est très peu utilisée, remplacé par la gravure à l’acide ou celle au trait simple ou double.

De 1894 à 1897, la situation devient confuse car Emile Gallé utilise pour les pièces de série au moins quatre types de signature : 

  • 1 Gallé seul gravé sous le vase.
  • 2 Gallé Nancy inscrit à l’encre sous le vase.
  • 3 Gallé gravé à l’acide sur le corps du vase et éventuellement émaillé.
  • 4 Gallé gravé sous le vase avec la mention Cristallerie.

Si votre pièce présente la signature Emile Gallé avec le mot Cristallerie, cela veut dire qu’elle est postérieur à mai 1894. Cette mention associé au nom de Gallé disparaît presque totalement vers 1896-1897.

Une oeuvre, une signature. Pour les pièces de série produite entre 1894 et 1904, il existe plusieurs centaines de signatures différentes.

Une de ces signatures sera reprise après 1904 pour devenir la marque des Etablissements Gallé de 1904 à 1914. certaines seront parfois réutilisées entre 1918 et 1936.

MARQUE GALLÉ (APRÈS SA MORT)

Après le décès d’Emile Gallé en 1904, le terme marque est plus approprié. C’est alors son épouse qui pris la décision du choix de la signature de son mari à appliquer sur toutes les créations quel que soit le décor. Seule la couleur variera.

DE 1904 À 1914

Cette signature type qui sera utilisée de 1904 à 1914 a été relativement peu utilisé de son vivant.

Cette signature ne comporte pas le prénom, puisqu’elle désigne la Maison Gallé et non le verrier. Elle est caractérisé par un epsilon surmonté d’un accent aigu, et d’un trait, avec ou sans boucle, issu de l’epsilon et soulignant la signature en recoupant la jambe du G à mi-hauteur.

On peut également apercevoir une étoile sur cette signature, ce qui signifie qu’elle a été produite entre 1904 et 1906. 

Signature-Galle-apres-mort

DE 1918 À 1936

À la mort de Henriette Gallé, c’est alors Paul Perdrizet qui prend la direction de la manufacture.

À la fin de la guerre, Paul Perdrizet décide d’instaurer une nouvelle signature (jamais été utilisée par Emile Gallé) afin de différencier la production d’avant guerre. 

La signature est alors horizontale et gravée de façon apparente sur la pièce. Le trait est toujours présent, mais, au lieu de couper la jambe du G à mi-hauteur, est tangentiel à la boucle terminale du G.

Cependant, on estime qu’à partir de 1920, une autre marque a fait son apparition. Une marque qu’Emile Gallé en personne utilisait pour signer ses oeuvres. Cette marque fut très utilisée vers la fin d’activité de l’usine.

Signature-Galle-1914

LES FAUSSES SIGNATURES GALLÉ

La meilleure partie ? 

Attention aux signatures gravées en creux dans le décor, et plus encore les signatures se trouvant à la base de la pièce dans la dernière couche, qu’elles soient dégagées à l’acide en relief ou gravées en creux.

Le plus souvent, ces marques ont été apposées sur des pièces qui n’ont rien à voir avec les Etablissements Gallé.

Des faussaires gravent ces marques sur des pièces quelconques, et plus particulièrement sur des pièces d’argental, ayant pris le soin d’effacer la marque d’origine.

Ne vous faîtes pas avoir.

Oui, les pièces d’Argental sont de très bonnes manufactures, très proche de celles des Etablissement Gallé.

Les faux Gallé proviennent pour la plus grande part d’Extrême-Orient. La fausse marque est celle qui a été principalement utilisée aux Etablissement Gallé après 1918 (marque ou epsilon surmonté d’un accent aigu et au trait issu de l’epsilon); elle est plus ou moins bien imitée.

Depuis au moins 1985, les verriers roumains de Burzau et Bistriza mettent sur le marché européen et japonais des faux Gallé industriels, gravés à l’acide ou à décors moulés repris à l’acide.

Leur qualité est aujourd’hui plutôt bonne.

Ces vases présentent le plus souvent la marque Tip Gallé. Attention, il suffit de faire disparaitre le Tip pour obtenir la signature Gallé.

Un petit tour de passe-passe qui multiplie par dix le prix.

La plupart du temps, il est possible de reconnaître l’origine roumaine de ces faux Gallé industriels, en raison de plusieurs détails techniques.

Des pièces portant la marque Tip Gallé ont été saisies en 1996 par la justice française et les importateurs condamnés.

Des filières purement françaises de fabrication faux Gallé semble également exister. 

Pour la petite histoire, une fabrication entièrement artisanale d’un faux Gallé a été retrouvé à Nancy en 1978.

Source : L’oeuvre de verre d’Emile Gallé, François Le Tacon.

Voici quelques fausses signatures Gallé :

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