ÉMILE GALLÉ, 20 FAIS SURPRENANTS SUR SA VIE D’ARTISTE

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Émile Gallé évoque une époque créatrice foisonnante d’imagination et de bouillonnement intellectuel. L’envolée des prix autour des vases réalisés de ses mains nous conduit aux plus folles spéculations sur sa vie. Voici ce dont vous ne savez pas d’Émile Gallé. Au programme, des anecdotes et faits surprenants sur le maître de l’École de Nancy. C’est parti !

Qui est Émile Gallé ?

Émile Gallé est l’un des principaux instigateurs du mouvement Art nouveau qui a bouleversé les arts décoratifs à la fin du XIXe siècle.

Vous souhaitez connaître toutes les subtilités de ce mouvement ?

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Les meubles d’Émile Gallé, mais surtout ses verreries, font l’admiration des amateurs du monde entier :

À l’image de cette coupe rose de France signée Gallé (1901), les vases, coupes et objets d’art de l’artiste nancéien sont aujourd’hui très prisés des collectionneurs. La verrerie Gallé a atteint un niveau de perfection rarement atteint.
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Bien au-delà d’un simple définition d’artiste :

Émile Gallé concilie art et industrie, désireux de mettre l’art à la portée du plus grand nombre.

Son oeuvre globale s’inscrit également dans une démarche scientifique. Rien n’est laissé au hasard, tout est pensé, analysé, pour une reproduction au plus proche de la nature.

Un petit mémo :

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Émile Gallé était un grand scientifique, avant d'être artiste :

Voici l’un des points les plus importants.

Émile Gallé, qui était doté d’une solide formation littéraire, devenu artisan et maître verrier par continuité familiale (son père, Charles, était commerçant de cristaux et porcelaine), fut aussi un grand scientifique.

Son oeuvre botanique, atteste de la rigueur de son observation et de la solidité de son approche.

Le saviez-vous ?

Émile Gallé a fait reculer les frontières de l’inconnu dans le domaine de la science. Son oeuvre artistique est profondément marquée par ses connaissances.

En effet, il a compris très tôt compris le rôle des mutations dans l’évolution des espèces.

Ainsi, préoccupations scientifiques et préoccupations artistiques sont intimement mêlées chez Émile Gallé.

Vase Gallé, Je ne cherche que une, Émile Gallé (1878) :
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Une éducation brillante :

Les parents d’Émile Gallé portent une attention particulière à la formation secondaire de leur fils.

Une éducation brillante et stricte comme le veut la religion protestante

Oui, Émile Gallé était protestant ! 

À l’époque, ils étaient moins de mille dans une ville dont la population s’élevait à près de 48000 habitants. 

Cependant, être protestant à Nancy n’était pas un handicap, d’autant moins qu’après la guerre de 1870, nombreux furent les protestants à quitter l’Alsace pour la Lorraine.

Sans être un élève exceptionnel, il y remporte un nombre croissant de prix et d’accessits. D’année en année, Gallé brille dans le milieux secondaire.

L’art des mots et du discours :

D’abord en littérature, mais également en langues étrangères, comme le grec et l’allemand.

Malgré sa passion pour la botanique, Émile Gallé ne reçoit aucune distinction pour les discipline scientifique, ni mathématiques.

Cette horreur des mathématiques, vous allez le voir, le conduira à développer son génie créatif.

Émile Gallé, étudiant, en 1870 :

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Son père, Charles Gallé, était un homme d'affaires redoutable :

Charles Gallé-Reinemer était un homme d’une rare énergie et vivacité.

En quelques années, le père d’Émile Gallé réussit à faire prospérer la simple entreprise familiale, un modeste magasin de cristaux et porcelaines.

Ce n’est pas tout :

En 1866, il reçoit le titre prestigieux de fournisseur de la Maison de l’Empereur

Mais encore :

Un texte de 1862 affirme que les verres et la porcelaine de Charles Gallé se trouvaient aussi bien sur les tables des particuliers que sur les tables royales et qu’ils étaient prisés de la France entière, de l’Espagne, de la Russie et de l’Allemagne.

Gallé se fait un nom.

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Émile Gallé n'était pas un grand dessinateur :

C’est étonnant !

Au cours de sa scolarité, Émile Gallé ne brille pas particulièrement en dessin. Il ne recevra aucune distinction dans cette matière.

Malgré une pratique du dessin pour les besoins de ses travaux sur la botanique, ou bien pour ceux de son atelier, Émile Gallé ne montre pas un talent inné pour le dessin.

Il l’explique lui-même :

« Je n'ai pas pu vous faire un bon dessin faute de métier suffisant »

Émile Gallé, dans un lettre adressé à Roger Marx, 1893 Tweet

50 BRACELETS ART NOUVEAU

Une histoire régionale, un savoir-faire verrier

Voici un croquis visible au musée du verre de Meisenthal.

Le chardon Lorrain accompagné de la croix de Lorraine, signe patriotique. C’était sa façon à lui de manifester son attachement à la cause du retour à la France des provinces annexées.

L’artiste avait pour habitude de signer ses créations accompagné de cette croix de Lorraine.

Astuce :

Si votre signature présente le prénom Emile ou la lettre E, c’est que votre vase Gallé a été réalisé après 1877. Vous pouvez aussi y apercevoir la croix de Lorraine entre le E et le G.

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Un séjour d'étude à Weimar (Allemagne) :

Cette année passée à l’étranger avait été voulue par Charles Gallé afin que son fils pratique la langue allemande.

Ce séjour lui permettra de perfectionner son éducation mondaine en suivant des cours de maintien et de danse.

Sans oublier :

Des cours de dessin, six heures par semaine et des leçons de piano.

Émile Gallé a participé à la guerre Franco-Prussienne :

La vie d’Émile Gallé artiste ne se résume pas qu’au succès. 

Le cours de sa vie est interrompu le 19 juillet 1870 lorsque la France déclare la guerre à la Prusse.

Émile Gallé se rend alors à Tours afin de rejoindre le 23e régiment d’infanterie de ligne. Nommé caporal en novembre, il assure les fonctions de secrétaire du commandant du régiment.

 Durant son séjour, Émile Gallé prend soin d’admirer et de prendre des notes de la faune et la flore de la Méditerranée.

La fin de la guerre ?

Le traité de Francfort signé le 10 mai 1871, qui supprime l’Alsace de la France, bouleverse la ville de Nancy.

Les répercussions de cette annexion sont immédiates, sur le plan démographique et économique.

En image :

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Ainsi, c’est dans ce contexte plutôt favorable que l’artiste Gallé reprend son activité de création.

Son horreur des mathématiques le conduit à developper son génie créatif :

Émile Gallé était prédisposé à une tout autre vie.

Il écrit le 30 juillet 1889 à Emile Hannover, conservateur du “Kunstindustrimuseum” de Copenhague :

« J'ai le goût des sciences naturelles, au point que, sans mon horreur des mathématiques, j'aurais conquis des grades dans cette voie et serais peut-être aujourd'hui un modeste professeur de botanique dans une école de pharmacie, au lieu d'être un modeste artiste »

C’est de cette contradiction que va naître le génie créatif d’Émile Gallé.

Le résultat ?

Son amour pour les plantes et la botanique, se transcrira à travers ses créations artistiques, là où les mathématiques n’ont guère de place.

Son père veut lui éviter les tracas :

Son père Charles abandonne les rênes de l’entreprise en 1877. Mais il gardera un pouvoir décisionnel sur la gestion des finances de l’entreprise.

Le but est alors de laisser à son fils maître verrier tout le temps nécessaire à la création.

C’est en effet au cours de la décennie 1867-1877 que la production portant la signature Gallé connaît un spectaculaire développement.

Vrai ou faux Gallé ?

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Émile Gallé écrivait beaucoup :

On dénombre à ce jour plus de soixante-seize articles ou note publiés et dix-huit manuscrits.

On constate alors que la botanique et la nature sont ses préoccupations essentielles.

Sur ces quatre-vingt-quatorze écrits, la moitié a trait à la botanique, à l’horticulture ou à la floriculture.

Une chose en commun :

L’étude de l’évolution des espèces du monde végétal. Son but était de comprendre l’adaptation des végétaux à leur environnement.

Observer, dessiner, lui permettra de comprendre bien des mystères scientifiques, sans l’aide des chiffres.

L'espionnage industriel existait déjà sous la famille Gallé :

Afin de préparer au mieux l’Exposition universelle de 1867, Émile Gallé, pour le compte de son père, se rend dans les cristalleries de Bohême (à découvrir ici).

Le but ?

Recueillir le maximum d’informations.

Son père lui suggère ouvertement dans une lettre :

« Si tu trouves des originalités, qui te saisissent et t'offrent des ressources pour notre exposition, fais-en emplette en uni et que Pelikan me les envoie directement de suite. Ne lui dis pas que c'est pour l'exposition, il faut toujours sauver son but »

Et il ajoute :

« Tâche aussi de savoir ce qu'il compte exposer, afin d'en prendre d'avance une idée et même un enseignement profitable »

Émile Gallé, dans un lettre adressé à Roger Marx, 1893 Tweet

Émile Gallé maître verrier sera également victime de déboires, vous allez voir.

Le plus contrariant est celui des frères verriers Muller.

En 1894, Henri Muller est recruté comme commis d’atelier et trois de ses frères sont affectés à l’atelier de décoration à froid.

En 1897, la fratrie entière quitte Nancy pour aller travailler à la verrerie de Croismare (Lunéville).

« Le misérable qui mène la bande a dû prendre dans mes livres une masse de note et même mes recettes, pourtant sous clef, et a bien pu mettre en pratique pour son compte les procédés dont je faisais alors les essais avec bien des peines et des inquiétudes »

Émile Gallé pour l'un de ses amis magistrat parisien Henry Hirsch Tweet

Émile Gallé, novateur et chercheur :

Dans son travail, tout comme dans ses réflexions et analyses, deux qualificatifs s’imposent :

C’est avant tout un chercheur et novateur. 

La nature lui permettait de trouver son inspiration, tout en combattant la tendance de l’Art de vouloir sans cesse copier, voir imiter l’oeuvre précédente.

Émile Gallé, tout comme René Lalique, veut offrir quelque chose de nouveau, qui rompt avec les amarres du passé.

C’est ce qui définira ce courant artistique qui révolutionnera les arts décoratifs français, l’Art nouveau.

Vase bleuté au cobalt dits « clair de lune » :

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Émile Gallé, éditeur et fabriquant :

Dans le but d’ajouter le titre de fabriquant à celui d’éditeur, Émile Gallé crée alors de nouvelles structures.

Cette intense activité aboutit en 1894 au regroupement à Nancy de tous les secteurs de la fabrication au sein d’un établissement moderne !

Ici, la Cristallerie Gallé en marqueterie sur bois vers 1898 :

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Avant le regroupement, une partie de la verrerie Gallé était réalisée par les ouvriers de la cristallerie de Meisenthal, située à une centaine de kilomètres au nord-est de Nancy.

En effet, Charles Gallé avait noué des contrats avec Meisenthal, vers 1860.

Pour mettre au point des innovations techniques ou surveiller l’exécution des pièces exceptionnelles, Gallé doit y effectuer de nombreux séjours.

Il y travaillera jusqu’en 1894.

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Une clientèle internationale :

Lors de ses fréquents séjours à Paris, Émile Gallé ne manque pas de rendre visite à ses distributeurs. 

Des liens privilégiés sont noués avec certains d’autres eux comme le somptueux Escalier de Cristal.

Exclusivité parisienne :

Gallé a très tôt assuré l’exclusivité de certains vases à la clientèle parisienne.

Une sélection de ses distributeurs :

Attention, tous les commerces de l’époque ne présentent pas le degrés d’élégance pour avoir l’honneur de présenter les oeuvres de Gallé.

En voici l’illustration :

À la suite d’un litige survenu en 1901 avec les Magasins du Louvre, où ses oeuvres se trouvent exposées dans un espace qu’il juge non approprié, il refuse alors à jamais de diffuser ses oeuvres aux magasins de nouveautés et aux bazars.

Le succès à l’international :

À son plus grand étonnement, trois Londoniens, en pleine guerre de 1870, se rendent à Nancy pour acheter ses faïences.

Oui, dès 1870, la clientèle internationale connaît le nom Gallé.

Le succès est tel qu’Émile Gallé croule sous les commandes.

« Je ne peux rien produire de neuf, ni mettre au jour aucune des nombreuses idées que j'ai, à cause du flot de commandes anglaises »

Un succès qui le conduit au surmenage :

Le constat est simple.

La préparation de l’Exposition universelle de 1900, qui commence dès 1897, apporte un véritable montagne de travail pour Gallé.

À quelques semaines de l’ouverture, tout devient très compliqué, voir insupportable en lisant ses propos.

Illustration de l’Exposition universelle de 1900 :

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« Je suis désespéré, les tâches sont innombrables, la multiplicité des détails m'écrase, je sens le temps qui s'écoule comme si mon sang s'en allait »

Cette fatigue sera en partie causée par une maladie. Émile Gallé ne le sait pas encore, mais il est atteint d’une leucémie, qui sera diagnostiquée en 1904. Elle l’emportera le vendredi 23 septembre 1904. 

Des difficultés financières :

En raison des dépenses faramineuses pour l’Exposition universelle de 1900, dont les ventes ne parviennent pas éponger les dettes, l’entreprise Gallé est en péril.

Voici une photographie de l’Exposition universelle de 1900 :
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Ça n’a pas toujours été rose :

Émile Gallé, très préoccupé par l’aspect social et humain de son entreprise, refuse de licencier. 

La réalité économique est si forte qu’il songe à céder son affaire, un an plus tard. Mais aucun repreneur n’emportera sa confiance.

En 1903, les banques sonnent l’alarme, Gallé licencie, mais pas autant qu’il le devrait …

L'inventeur de la marqueterie sur verre :

Cette technique est inventée en 1897 par Émile Gallé, qui déposera un brevet pour la protéger.

Regardez :

Des fragments de cristal de différentes couleurs à une ou plusieurs couches, préalablement mis en forme, sont incorporés à la pince dans la paraison encore en fusion.

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L’ensemble est ensuite roulé sur le marbre jusqu’à ce que l’incorporation soit parfaite. Cette technique n’était pas si simple, entrainant de nombreux accidents.

À la mort d’Émile Gallé en 1904, cette technique ne sera plus utilisée.

Aucun autre artiste, ni ateliers ne sont d’ailleurs, capables de la maîtriser, à l’exception de Charles Schneider (1881-1953).

Vase orchidée Gallé utilisant la technique de la marqueterie sur verre :

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Émile Gallé, protecteur de la nature :

Le dix-neuvième siècle est l’époque de la conquête triomphante de l’homme sur la nature.

C’est le début de la régression de l’espèce animale, mais aussi végétale, et très peu de personnes s’en rendent compte.

Émile Gallé est l’un des rares à prendre conscience des dangers que l’homme peut faire courir à la nature.

Une mise en garde :

Dès la fin du XIXe siècle, Émile Gallé conseillait de modérer les cueillettes et de renoncer à l’arrachage d’espèces sauvages dont certaines, constate-t-il avec amertume, sont victimes de ceux qu’il appelle d’un terme lorrain des bribeurs.

Ce qui signifie “braconnier”.

Ce n’est pas tout.

En 1887, il souhaite même créer à Nancy une société pour la protection des plantes sauvages.

Bien évidemment, les orchidées, si chères à Émile Gallé, font partie de ce lot.

La grande collection de végétaux qu’il possède dans son parc de la Garenne à Nancy est digne des plus grands professionnels. Il collectionne même les plantes du Japon, grâce aux liens qu’il entretient avec Tokouso Takacyma.

Émile Gallé effectuait des excursions à plus de 3000 mètres d'altitude :

Toujours dans la recherche de la perfection et la volonté de comprendre les mécanismes des plantes, Émile Gallé n’hésitait pas à grimper en moyenne montagne.

Il entreprend plusieurs excursions et récolte de nombreuses plantes alpines.

Impressionnant :

La plus importante est celle du 30 juillet 1883.

3680 mètres d’altitude au Balmhorn, après quatre heures de montée dans la neige.

La création nécessite de grands efforts !

Émile Gallé scrute le monde des insectes, mais aussi celui des animaux marins :

Le monde aquatique, et surtout le monde marin exercent une grande fascination sur son esprit.

Selon Philippe Thiébaut, Émile Gallé est tellement passionné par ce monde marin qu’il se fait expédier de Bretagne des barillets d’eau de mer contenant des plantes et des animaux marins.

En image ?

La parfaite illustration de cette passion s’illustre à travers la Main aux Algues et aux Coquillages de 1904.

Réalisée quelques mois avant sa mort, cette oeuvre s’inscrit dans la dualité de la vie et de la mort à laquelle il se trouvait confronté. 

Le monde marin, qui déjà à l’époque, était source de toute vie avec la philosophie de Thales.

« Tout vient de la mer, c'est l'idée fondamentale que certains naturalistes cherchent à remettre en honneur, que nous retrouvons dans la philosophie de Thalès »

La Main aux Algues et aux Coquillages (1904) :

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Une reproduction authentique de la nature :

Observez une oeuvre de Gallé dans les moindres détails est étonnant. 

L’intérêt pour les plantes commence dès son plus jeune âge sous l’influence de sa famille, notamment de son grand-père paternel, qui lui fait découvrir les fleurs qu’il cultive ainsi que sa collection.

On se rend compte de la perfection du travail.

Le souci d’exactitude, qui conduisait à l’observation et à la reproduction la plus authentique du modèle, devait certainement conduire Emile Gallé à toute une recherche technologique.

La nature dictait alors l’identité visuelle de la pièce, exigeant une prouesse technique de la part du verrier.

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Les travaux d'Émile Gallé était reconnus dans la botanique :

Le 5 janvier 1877, à l’Hôtel de Ville de Nancy, Émile Gallé crée avec Victor Lemoine, Léon Simon et François Félix Crousse, la Société centrale d’horticulture de Nancy, dont il devient le secrétaire général, puis le vice-président.

Une reconnaissance du métier :

Cette désignation témoigne de la notoriété acquise à trente-trois ans en botanique par Émile Gallé.

Le métier de verrier, dangereux pour la santé ?

À l’époque de Gallé, certains produits pour la verrerie étaient très dangereux :

Pour la réalisation des fonds du décor, ainsi que ceux valorisant le paysage, on constate certains jaunes dont les ouvrages de l’époque indiquent qu’ils étaient obtenus à partir de sels d’urane.

Le maniement de ces produits devait alors poser nombre de questions aux médecins. 

Les verriers du XXe siècle utilisait donc des produits dont la toxicité n’avait pas encore été démontrée.

Nous avons également connaissance d’autres exemples, avec ce bougeoir réalisé par la cristallerie de Vallérysthal, à découvrir ici.

Le jaune est obtenu avec de la poudre d’uranium, hautement radioactif. Cette poudre était ajoutée au mélange vitrifiable lors de la fusion 

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Création de l'École de Nancy :

Comment évoquer le nom d’Émile Gallé sans présenter l’École de Nancy.

Créé en 1904, Émile Gallé en sera le président.

Portrait de Gallé par Victor Prouvé (Exposition universelle de 1904) :

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Le but ?

Promouvoir et défendre les intérêts des industriels et artistes Lorrains. Émile Gallé fut l’un des premiers à se rendre compte du besoin de s’unir face à la production concurrente, notamment allemande.

Le superbe Musée de L’École de Nancy (préparez votre visite en cliquant ici), située dans l’ancienne demeure d’Eugène Corbin, mécène du mouvement, est un lieu incontournable durant votre séjour à Nancy !

Les lampes Gallé habillent le verre de lumière :

Gallé, tout comme les frères Daum, seront les premiers artistes à travailler les éclairages électriques.

L’Exposition universelle de 1900 récompense Daum d’un Grand Prix et lui apporte une notoriété internationale. Novatrice, la cristallerie Daum habille déjà la lumière électrique avec du verre et s’associe à de grands artistes : Majorelle ou encore Henry Bergé.

Ces lampes rencontrent un succès grandissant, ayant l’avantage indéniable de réduire le risque d’incendie.

À cette époque, l’électricité est essentiellement utilisée pour l’éclairage.

Les lampes les plus recherchées sont celles créées de son vivant (1900-1904). Ces lampes en verre multicouche sont des pièces d’exception et donc rares.

Mais il existe également une seconde production éditées par sa femme après sa mort (1905-1931), de moins grande qualité.

Émile Gallé et la pâte de verre ?

Attention.

Émile Gallé n’a jamais réalisé de vase en pâte de verre. Gallé travaillait uniquement le verre, c’est une précision importante, car beaucoup de personne font l’erreur.

Pour conclure ?

Peu d’hommes sont capables d’êtres à la fois artiste et savant. 

Émile Gallé en fait partie, l’un des rares à avoir tiré l’essentiel de son inspiration d’artiste de son oeuvre scientifique.

À quand le prochain Maître Verrier révolutionnant notre époque ?

Les meilleurs livres et ouvrages sur Gallé :

Vous souhaitez en savoir plus ? 

Voici les ouvrages dont l’aide a été précieuse pour la rédaction de cet article sur le maître de l’Art nouveau :

  • Émile Gallé, ou le mariage de l’Art et de la Science, de François Le Tacon (édition Messene)
  • Émile Gallé, Le magicien du verre de Philippe Thiébaut (édition Gallimard)
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2 commentaires

  • Érudit et bien écrit. Illustrations idem. Mise en page pareil. Manque un passage par un correcteur orthographique.

    Répondre
    • Bonjour Monsieur Darnis,

      Merci de votre retour, n’hésitez pas à nous partager vos remarques par email.

      Au plaisir,
      Michaël
      Customer Success

      Répondre

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