LES VITRAUX D’ÉGLISE NOUS RÉVÈLENT LEURS SECRETS

histoire des vitraux eglise

Ils nous émerveillent de part leur couleur, leur histoire, leur splendeur. Nos yeux sont inlassablement attirés par eux, telle une lumière divine. D'où viennent-ils ? Que représentent-ils ? Comment sont-ils fabriqués ? Voici une raison de plus de pénétrer dans une église, dans des conditions bien différentes de la célébration dominicale !

L'Histoire du vitrail, de l'antiquité à nos jours :

Le plus ancien vitrail connu encore intact date de 1030-1060, il s’agit d’une représentation du Christ, originaire de l’abbatiale bénédictine de Wissembourg, au nord de l’Alsace. Il est aujourd’hui conservé au musée de l’Œuvre Notre-Dame. 

On dit souvent que le verre du Moyen Âge est celui du vitrail, mais qu’en était-il avant ? 

plus-ancien-vitrail-Christ_de_Wissembourg
Vitrail du Christ de Wissembourg, conservé au musée de l'Œuvre Notre-Dame

L’art du vitrail est corrélé à la naissance du verre. Il est certain que sa découverte est survenue grâce à la fabrication du fer et du bronze, lesquels produisent ce qu’on appelle des scories (mélanges de silicates alcalins ou terreux) qui, impures, opaques et colorées, n’en sont pas moins du verre.

Les découvertes archéologiques nous apprennent que l’art du verre est né en Orient. Plus de vingt siècle avant notre ère, les Égyptiens, véritables artistes, produisent des bijoux et flacons en verre colorés, destiné à transporter leurs parfums sur tout le territoire du monde antique. Le verre était associé aux pierres précieuses et à l’or, une matière qui se retrouve même sur le masque funéraire et les sarcophages de Toutankhamon.

Ce n’est pas tout.

Le verre était essentiellement coloré par les oxydes métalliques contenus dans le sable. Les fondants à l’image de la cendre de fougère, permettant d’abaisser le point de fusion du verre, apportaient une teinte verdâtre. Au Moyen Âge, des ateliers itinérants produisaient le verre, voyageant au grès des ressources, le bois étant trop couteux à transporter.

À lire aussi : l’épopée du verrier depuis le Moyen Âge.

Les prémices du vitrail commencent dès le XIe siècle, des verreries sont mentionnées dans le Verdunois et en Argonne. La Lorraine est alors l’un des plus importants producteurs de “gros voire”, c’est-à-dire de verre plat, indispensable à la fabrication du vitrail.

Des artistes verriers Alsaciens seront reconnus pour leur art, nous pouvons citer Pierre Hemmel D’Andlau, Valentin Bousch … Au Moyen Âge, la technique de coloration du verre grâce aux oxydes métalliques est déjà bien avancée.

Le verre médiéval avait un rôle : celui d’éduquer, de raconter, d’apprendre, et parfois de faire peur. Les premiers vitraux sont religieux, les vitraux civils, eux, n’apparaissent qu’au XIV-XVe siècle, représentant les armoiries des Maisons Nobles.. 

PARTAGEZ L'ART VERRIER
Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

L'Art du vitrail, un moyen du communication :

Un autre vestige de l’art médiéval se trouve dans l’ancienne église des Dominicains de Strasbourg, daté de 1160-1180, représentant la scène de crucifixion. Ces pièces sont rares, victimes des aléas de notre histoire. En Lorraine, seuls huit édifices lorrains ont conservé des vitraux anciens datant du XIIIe siècle.

vitrail la crucifixion de église Strasbourg

L’âge d’or du vitrail ne débute qu’à la fin du XVe siècle. Ils décorent les maisons religieuses, les églises et les palais princiers. 

Le rôle joué par le vitrail est alors très important dans la diffusion des connaissances.

Regardez :

Les vitraux d’église étaient un support parfait pour exposer les scènes religieuses telles que la nativité ou l’assomption. Rappelons qu’au Moyen Âge, savoir lire était un privilège presque exclusif des ecclésiastiques. Pour une grande partie de la population, ce savoir n’était pas important, car la plupart des connaissances se transmettaient par le biais d’objets. L’art du vitrail peut faire référence à la bandes dessinées de nos jours.

Les sujets représentés sur les vitraux sont réalisés avec soin, sur du verre peint ou coloré, représentant des couleurs symboliques à l’image du jaune qui évoque la traitrise, illustrant des gestes sujets à interprétation. Les vitraux étaient le symbole de Dieu, reprenant sa force par la lumière, considéré comme un lieu de passage avec l’au-delà. 

Voici les différentes scènes que vous pouvez rencontrer sur un vitrail :

  • Des scènes présentant l’histoire du christianisme, des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament.
  • Des scènes présentant les miracles de l’enfant Jésus, extrait des évangiles canoniques.
  • Des scènes intérieures à la vie de la paroisse, évoquant les différents Saints.
  • Des scènes évoquant la vie locale comme les vitraux patriotiques à l’image de ceux de la cathédrale de Tréguier rendant hommage aux morts de la France durant la grande guerre.
Le plus ancien vitrail conservé en Lorraine, la crucifixion église de Ste Ségolène de Metz

Le sens de lecture d’un vitrail :

  • La lecture commence de bas en haut.
  • De gauche à droite.

Les couleurs choisies ont également leur importance :

  • Le blanc est symbole de victoire, de résurrection.
  • Le rouge évoque le martyr et la violence.

La technique de fabrication du vitrail évolue au XIVe siècle : on y introduit le chlorure et le sulfure d’argent qui permettent d’illuminer certains détails comme les cheveux des personnages et les divers ornements. Malheureusement, il n’existe que très peu d’oeuvres de cette période, victime de la guerre de Cent Ans

Le plus étonnant ?

La Révolution française sera également une période de grande perte pour l’art du vitrail. Le plomb, qui lie les différentes plaques de verre, est utilisé pour la fabrication de balle. D’autres, présentant des armoiries, sont tout simplement détruits, signe du mépris pour la féodalité. Ces différents blasons montrent l’importance de ces mécènes et donateurs dans l’embellissement de nos églises.

On estime qu’un tiers des verrières de l’ancienne époque ont tout simplement disparus. Avec le temps, le vitrail, et plus particulièrement les verrières, deviennent un élément central de décoration. Les sujets de la vie quotidienne sont représentées, des personnages, des paysages, et le naturalisme, qui s’impose dès la fin du XIXe siècle.

La prolifération du vitrail durant l'Art nouveau :

À la fin du XIXe siècle, une innovation majeure va permettre d’accroître la productivité de manière considérable : la mise au point du soufflage à l’air comprimé (la pompe Robinet, du nom du verrier, mise au point à Baccarat en 1824).

Très vite, l’art du vitrail va pleinement profité de l’avènement de l’Art nouveau en Lorraine. Le vitrail prend de nouvelle forme sous le crayon de Joseph Janin, Henri Bergé ou encore Jacques Gruber. Ce dernier sera l’artiste le plus prolifique du vitrail en France. Une grande partie de ses verrières se trouvent à Nancy.

Voici deux articles pour en apprendre plus et découvrir ses superbes verrières à Nancy :

Au sortir de la Première Guerre mondiale, le vitrail devient patriotique, en hommage aux Poilus. Rendez-vous aux Côtes-d’Armor qui constituent le département breton qui recense le plus grand nombre de vitraux patriotique.

verrerie gruber Nancy du credit lyonnais
Verrière de Grüber visible au crédit lyonnais de Nancy

La fabrication du vitrail et du verre plat :

Le vitrail, et plus particulièrement le verre plat est destiné à de multiples usages. Il était fabriqué selon la technique dite du manchon. Il s’agit en réalité de grande bouteilles cylindriques qui sont ensuite déroulées dans le but d’obtenir une plaque. 

En 1950, le groupe Pilkington met au point une nouvelle technique appelée float glass, réduisant le coût de revient de 250% du m2. Cela consiste à étaler le verre fondu dans un four à bassin, sur un bain d’étain dans une atmosphère réductrice.

La restauration du vitrail, un art complémentaire à la création :

L’essentiel consiste souvent à remettre en plomb les vitraux. Le but est de garder le maximum de pièces authentiques, et d’indiquer son intervention de restauration par une signature. La plupart des restaurations concerne les vitraux du XIXe siècle.

C’est un vrai travail de recherche afin de comprendre les différentes techniques utilisées, notamment pour la couleur. 

Zoom sur les vitraux de l'église St-Rémy à Baccarat :

Pour pleinement profiter de votre visite de l’église St-Rémy à Baccarat, optez pour une belle journée ensoleillée. Le silence de l’église, la solennité, le plafond en bois sculptés, un moment d’exception vous attend.

Reconstruite en 1953 suite à sa destruction lors de la seconde Guerre Mondiale, l’architecte Nicolas Kazis a fait oeuvre d’artiste. On la surnomme “l’Arche de Noe”, avec sa silhouette étrange qui peut surprendre. À l’intérieur, le travail des maîtres-verriers qui ont secondé l’architecte est remarquable, et pour cause, c’est la cristallerie Baccarat qui est derrière ce chef-d’oeuvre.

4000 dalles, réparties en plus de cinquante teintes, furent coulées dans les meilleurs délais. Plus de 18 mois de travail seront nécessaires.

Les vitraux des Nefs latérales :

Plus de 20000 morceaux de cristal répartis sur un rideau de 180 mètres de longueur. Un écran lumineux, sortant des ténèbres, part les deux côtés de l’entrée.

vitraux-eglise-cristal-baccarat

Les vitraux des 12 apôtres :

C’est l’un des plus beaux ouvrages de l’église. Grâce au mouvement représenté, on y décèle les différents apôtres. 

vitraux de eglise Baccarat
PARTAGEZ L'ART VERRIER
Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Laisser un commentaire

Jours
Heures
Minutes
Secondes

- DU CRISTAL SOUS LE SAPIN -

- 30 % sur TOUT